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Citad’EllesVos droits et démarches expliqués

Emploi2 novembre 20268 min

Gagne-t-on plus au chômage ou en arrêt maladie ?

Bureau avec des documents administratifs, un stylo et une tasse

Perdre son emploi ou tomber malade, et la même question revient : que reste-t-il à la fin du mois ? Gagne-t-on plus au chômage ou en arrêt maladie ? Les deux revenus de remplacement obéissent à des logiques de calcul différentes. Le montant dépend de la base de calcul, des plafonds et du moment où l’arrêt survient par rapport à l’inscription à France Travail. Comparer deux sommes n’a de sens qu’en connaissant le salaire de référence de chacune et l’état des droits à l’allocation au début de l’arrêt.

En bref.

  • Aucun des deux revenus ne l’emporte d’office : l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) part du salaire de référence, tandis que les indemnités journalières (IJ) correspondent à la moitié du salaire journalier de base, avec un plafond de 42,97 € bruts par jour.
  • Les deux ne se cumulent pas : pendant un arrêt maladie, les IJ de la Sécurité sociale remplacent le versement de l’ARE.
  • Un arrêt n’efface pas vos droits au chômage : la période où l’allocation n’est pas versée est reportée.
  • Les IJ ne démarrent qu’au bout de 3 jours de carence.
  • Pour un salarié encore en poste, la convention collective ou l’employeur peut compléter les IJ, ce qui change la comparaison.

Comment l’allocation chômage est-elle calculée ?

L’ARE est calculée à partir de votre salaire de référence, et les sommes prises en compte sont les rémunérations brutes. Le salaire journalier de référence (SJR) sert de pivot : c’est lui qui permet de fixer l’allocation journalière. Ses conditions de calcul ne sont pas les mêmes selon que l’on a moins de 55 ans ou 55 ans et plus.

Selon le barème publié par l’Unédic le 1er juillet 2025, le montant dépend des salaires perçus au cours des 24 mois précédant la fin du contrat de travail, et 36 mois pour les allocataires de 55 ans et plus. Deux formules sont appliquées au SJR : 40,4 % du SJR plus 13,18 €, ou 57 % du SJR. C’est le montant le plus élevé des deux qui est retenu.

Des bornes encadrent ce résultat. L’allocation ne peut pas être inférieure à 32,13 € par jour, mais elle reste dans la limite de 75 % du salaire journalier de référence. Elle atteint au maximum 300,21 € bruts par jour.

Le montant versé n’est pas forcément le montant brut : des prélèvements sociaux (retraite complémentaire, sécurité sociale) peuvent être retirés pour votre protection sociale. Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu peut aussi venir en déduction, selon votre situation.

Un point compte pour notre sujet : les périodes de congé maternité, de congé paternité, d’arrêt maladie et d’activité partielle sont prises en compte dans le calcul du salaire de référence. Un arrêt survenu pendant la période de référence ne vous pénalise donc pas à lui seul. Les règles de départ dépendent aussi du motif de fin de contrat, comme l’explique notre page sur la faute grave et le chômage.

Comment sont calculées les indemnités journalières de l’arrêt maladie ?

Les indemnités journalières sont égales à 50 % du salaire journalier de base. Pour un salarié payé au mois, ce salaire journalier de base est égal au total des 3 derniers salaires bruts perçus avant l’arrêt de travail, divisé par 91,25. L’Assurance maladie donne un exemple : pour un salaire de 75 € par jour, l’indemnité sera de 37,50 € bruts par jour.

Deux plafonds jouent. D’une part, le salaire pris en compte est limité à 1,4 fois le Smic en vigueur le dernier jour du mois précédant l’arrêt, soit 2 613,82 € par mois en 2026. D’autre part, les IJ ne peuvent pas dépasser 42,97 € bruts, montant applicable aux arrêts prescrits à compter de juillet 2026. Même si votre salaire est supérieur à ces montants, l’indemnité est donc bornée.

Le calendrier de versement compte autant que le montant. Un délai de carence de 3 jours s’applique à chaque arrêt de travail, et l’Assurance maladie précise que les IJ peuvent être perçues par un salarié comme par une personne sans emploi après ce délai. Le versement se fait tous les 14 jours.

La durée est elle aussi bornée : au maximum 12 mois d’IJ par période de 3 ans consécutifs. Un arrêt prescrit ne peut pas excéder 31 jours pour une première prescription et 62 jours pour une prolongation. Pour remplir les documents liés à l’arrêt, voir le formulaire S3201 de l’arrêt maladie.

Gagne-t-on plus au chômage ou en arrêt maladie : que montre la comparaison ?

Se demander gagne-t-on plus au chômage ou en arrêt maladie, c’est comparer deux revenus de remplacement bâtis sur des salaires différents, avec des taux et des plafonds sans commune mesure. Le tableau ci-dessous met les règles en regard.

CritèreAllocation chômage (ARE)Indemnités journalières (maladie)
Base de calculSalaire de référence, sur les 24 mois précédant la fin du contrat (36 mois à partir de 55 ans)Trois derniers salaires bruts additionnés puis divisés par 91,25, pour un salarié payé au mois
TauxLe plus élevé de 40,4 % du SJR + 13,18 € et de 57 % du SJRMoitié du salaire journalier de base
Plafond par jour300,21 € bruts, et 75 % du SJR42,97 € bruts
PrélèvementsPrélèvements sociaux possibles, prélèvement à la source selon la situationCotisations sociales et, généralement, impôt sur le revenu (cas d’un demandeur d’emploi)

Un constat ressort de ces chiffres : le plafond journalier de l’ARE (300,21 €) est très supérieur à celui des IJ (42,97 €). Sur le papier, un ancien salarié bien rémunéré dispose donc de plus de marge au chômage qu’en arrêt.

Le calcul exact dépend de vos bulletins de salaire, de la date de fin de contrat et de celle de l’arrêt : aucun résultat unique ne vaut pour tous. Pour un chiffrage personnel, adressez-vous à France Travail et à votre caisse d’assurance maladie.

Que devient l’allocation chômage pendant un arrêt maladie ?

En cas d’arrêt maladie avant ou pendant la période de chômage, vous ne perdez pas vos droits aux allocations chômage. Durant ces périodes, le versement de l’ARE cesse et il est remplacé par des indemnités journalières de la Sécurité sociale.

La période où vous ne percevez pas l’allocation est reportée.

Pour les IJ versées à un demandeur d’emploi, des conditions s’appliquent. Passé le délai de carence, les indemnités sont calculées sur la base de l’ancien salaire et versées tous les 14 jours. Elles sont soumises à cotisations sociales et, généralement, à l’impôt sur le revenu.

Côté démarches, France Travail indique que vous pouvez rester inscrit comme demandeur d’emploi. Vous devez déclarer l’indisponibilité due à votre maladie en transmettant votre arrêt de travail (le volet 3), en précisant les dates de début et de fin de l’arrêt. Les sommes concernées dépendent de la durée de l’arrêt délivré par votre médecin.

Comment passer du chômage à l’arrêt maladie, et inversement ?

Le passage dépend de la date de l’arrêt. Si l’arrêt survient pendant l’indemnisation, l’ARE s’interrompt et les IJ prennent le relais, comme décrit plus haut. Quand l’arrêt se termine, l’allocation reprend là où les droits ont été reportés.

Si l’arrêt précède l’ouverture des droits, la logique est différente. Il faut attendre la fin de l’arrêt maladie pour entamer les démarches nécessaires à l’obtention des allocations chômage. Cette règle explique pourquoi un arrêt qui suit de près la fin d’un contrat peut retarder l’entrée en indemnisation, sans pour autant faire disparaître les droits.

Gagne-t-on plus au chômage ou en arrêt maladie quand on est encore salarié ?

Pour un salarié en poste, la question change de nature : l’ARE n’est pas encore en jeu, et les IJ peuvent être complétées. Selon Service-Public.gouv.fr, une part complémentaire du salaire payée par l’employeur est possible, sous deux conditions : avoir au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise, calculée à partir du premier jour d’absence, et avoir transmis le certificat médical à l’employeur dans les 48 heures.

L’Assurance maladie rappelle aussi que l’entreprise peut être soumise à une convention collective de branche qui assure le maintien de votre salaire, intégral ou partiel, pendant l’arrêt. Dans ce cas, gagne-t-on plus au chômage ou en arrêt maladie ? Un salarié dont le salaire est maintenu perçoit un revenu plus proche de son salaire que celui d’un chômeur indemnisé. Un exemple d’un tel complément se trouve dans notre page sur le complément de salaire CGOS.

En cas de subrogation, le versement s’effectue auprès de l’employeur, qui vous reverse les indemnités journalières.

Questions fréquentes sur le chômage et l’arrêt maladie

Perd-on ses droits au chômage si l’on tombe malade ?

Non. Tomber malade, que ce soit avant ou en cours d’indemnisation, laisse vos droits intacts : l’ARE n’est plus versée, remplacée par les IJ, et la période non indemnisée est reportée.

Peut-on rester inscrit à France Travail pendant un arrêt maladie ?

Oui, le statut de demandeur d’emploi peut être conservé. Il faut signaler l’indisponibilité en transmettant le volet 3 de l’arrêt, en indiquant quand il commence et quand il s’achève.

Peut-on toucher des indemnités journalières sans emploi ?

Oui, sous conditions. Que vous soyez salarié ou sans emploi, des indemnités journalières peuvent être perçues après 3 jours de carence.

Quelle est la durée maximale d’un arrêt prescrit ?

Une première prescription est plafonnée à 31 jours, une prolongation à 62 jours. Côté versement, le plafond est de 12 mois d’IJ sur 3 années consécutives.

Les indemnités journalières sont-elles imposables pour un chômeur ?

Oui, dans la plupart des cas : ces indemnités supportent des cotisations sociales, et l’impôt sur le revenu s’y applique généralement.

Sources

  1. Service-Public.gouv.fr, « Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3053, consultée le 14 octobre 2026
  2. Unédic, « Je suis en arrêt maladie. Que deviennent mes allocations chômage ? », https://www.unedic.org/l-assurance-chomage-et-vous/demandeur-d-emploi-ou-salarie/mes-droits-en-fonction-de-mon-parcours/je-suis-en-arret-maladie-que-deviennent-mes-allocations-chomage, consultée le 14 octobre 2026
  3. France Travail, « Je suis en arrêt maladie », https://www.francetravail.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/a-chaque-situation-son-allocatio/quelle-est-ma-situation-professi/je-suis-en-cours-dindemnisation/je-suis-en-arret-maladie.html, consultée le 14 octobre 2026
  4. France Travail, « Comment est calculé le montant de mon allocation ? », https://www.francetravail.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/lessentiel-a-savoir-sur-lallocat/quelle-somme-vais-je-recevoir/comment-est-calcule-le-montant-d.html, consultée le 14 octobre 2026
  5. Unédic, « Quel sera le montant de mon allocation chômage ? », page : https://www.unedic.org/l-assurance-chomage-et-vous/demandeur-d-emploi-ou-salarie/mon-indemnisation/quel-sera-le-montant-de-mon-allocation-chomage, consultée le 14 octobre 2026
  6. Assurance maladie (ameli), « Arrêt de travail pour maladie : les indemnités journalières du salarié », https://www.ameli.fr/assure/remboursements/indemnites-journalieres-maladie-maternite-paternite/indemnites-journalieres-pour-maladie/arret-maladie-salarie, consultée le 14 octobre 2026
  7. Code du travail numérique (ministère du Travail), « Allocations chômage : comment est calculé le salaire journalier de référence ? », https://code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/allocations-chomage-comment-est-calcule-le-salaire-journalier-de-reference, consultée le 14 octobre 2026

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