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Divorce à l’amiable : par quoi commencer, et combien ça coûte ?

Par · · 12 min
Divorce à l'amiable

Le divorce à l’amiable est une rupture du mariage décidée d’un commun accord, sans bataille judiciaire sur le principe même de la séparation. Mais derrière cette idée simple, tout se complique vite quand il faut savoir par quoi commencer, qui doit faire quoi, et à quel moment les frais s’ajoutent. Entre les deux avocats, le notaire, le logement et les enfants, on peut signer trop vite ou repousser les vraies décisions. Reste à savoir dans quel ordre lancer les démarches, ce qui coûte peu, et ce qui fait grimper la facture.

L’essentiel en clair :

  • Un divorce à l’amiable commence par un point simple mais décisif : vérifier que vous êtes d’accord sur tout, puis choisir deux avocats distincts, un pour chaque époux, car un avocat unique est interdit en procédure sans juge.
  • Le coût incompressible du dépôt de la convention chez le notaire est de 41,20 € HT, soit 49,44 € TTC, quand il n’y a pas d’acte de liquidation immobilière à établir.
  • Les honoraires d’avocat constituent le gros du budget : on voit couramment des forfaits d’environ 1 200 € à 4 000 € par personne pour un consentement mutuel, avec des écarts selon la complexité du dossier.
  • Le délai légal à ne pas rater est de 15 jours de réflexion entre la réception du projet de convention et sa signature, puis le notaire doit déposer l’acte dans les 7 jours suivant la signature.
  • La présence d’un bien immobilier change nettement la facture : il faut alors un état liquidatif notarié, avec droit de partage de 1,10 % sur l’actif net et contribution de sécurité immobilière de 0,10 % sur la valeur du bien.

Par quoi commencer vraiment

Le premier tri à faire ne porte pas sur le tribunal ni sur le notaire. Il porte sur votre accord réel. Pour aller vers un consentement mutuel, il faut être d’accord sur le divorce lui-même et sur toutes ses conséquences : résidence des enfants, pension alimentaire, partage des biens, dettes, éventuelle prestation compensatoire, usage du nom marital.

Si un seul point bloque, même un seul, la procédure sans juge devient fragile ou impossible. C’est pour cela que la bonne porte d’entrée n’est pas de « déposer un dossier », mais de lister noir sur blanc ce qui est déjà tranché et ce qui ne l’est pas. Faites-le avant le premier rendez-vous : logement, crédits, comptes joints, meubles, voiture, impôts, enfants. Ce travail évite de payer des échanges d’avocats sur des sujets que vous pouviez clarifier entre vous.

Une fois ce tri fait, chacun prend son avocat. Justice.fr le rappelle clairement : dans un divorce amiable sans juge, chaque époux doit avoir son propre avocat, et les deux avocats ne doivent pas appartenir à la même structure professionnelle. C’est la première dépense, mais aussi la première sécurité. Si vous avez un prêt immobilier en cours, il faut aussi penser très tôt à la banque, car le partage du bien et la question du crédit ne se règlent pas par magie avec la convention de divorce. Sur ce point, la lecture de la désolidarisation du prêt immobilier aide à distinguer ce qui relève du divorce et ce qui relève du contrat de prêt.

Quand le juge revient dans un divorce à l’amiable ?

Le principe, aujourd’hui, est le divorce sans audience. Mais il y a deux cas où le passage devant le juge aux affaires familiales revient dans le dossier. Le premier, c’est lorsqu’un enfant mineur demande à être entendu. Le second, c’est lorsqu’un des époux est sous mesure de protection, comme une tutelle ou une curatelle.

Dans le cas de l’enfant mineur, la demande d’audition peut être formée à tout moment de la procédure. La convention n’est alors plus simplement déposée chez le notaire : elle doit être soumise au juge pour homologation. Et là, la règle sur les avocats change. D’après Justice.fr, les époux peuvent alors prendre un seul avocat ou chacun le leur. Ce n’est donc pas le schéma standard du consentement mutuel sans juge.

Pour un majeur protégé, le consentement mutuel extrajudiciaire n’est pas possible. Il faut passer par une procédure judiciaire. C’est un point à vérifier immédiatement, parce qu’il change toute l’organisation, le calendrier et souvent le coût. Beaucoup de couples perdent du temps en avançant sur une convention qui ne pourra pas être utilisée telle quelle.

Combien coûte un divorce à l’amiable sans bien immobilier ?

Quand il n’y a pas de maison, d’appartement ou de terrain à partager, la dépense la plus visible reste l’avocat. Les tarifs ne sont pas réglementés. On trouve des forfaits très bas sur certaines offres commerciales, mais l’ordre de grandeur qui revient le plus souvent pour une procédure sérieuse se situe entre 1 200 € et 4 000 € par personne. La fourchette est large, et ce n’est pas un hasard : présence d’enfants, échanges difficiles, prestation compensatoire, nombre d’allers-retours sur la convention, tout cela pèse.

Le poste fixe, lui, est beaucoup plus modeste. Le dépôt de la convention au rang des minutes du notaire coûte 41,20 € HT, soit 49,44 € TTC. Ce montant ne couvre pas un partage de patrimoine complexe ; il couvre l’enregistrement de la convention, sa conservation et sa force exécutoire. Autrement dit, si votre situation patrimoniale est simple, ce n’est pas le notaire qui fait exploser le budget, ce sont les honoraires des avocats.

Poste Quand il s’applique Montant
Dépôt de la convention chez le notaire Divorce par consentement mutuel sans acte immobilier à établir 41,20 € HT soit 49,44 € TTC
Honoraires d’avocat Chaque époux prend son avocat Environ 1 200 € à 4 000 € par personne
Délai de réflexion Après envoi du projet de convention 15 jours
Dépôt par le notaire Après signature de la convention 7 jours

Ces informations restent générales et ne remplacent pas un avis adapté à votre dossier. Dès qu’il y a un bien, une soulte, une prestation compensatoire ou un crédit en cours, mieux vaut faire vérifier les conséquences concrètes par un avocat et, si besoin, par un notaire avant de signer.

Ce qui fait grimper la facture avec un bien

Dès qu’il existe un bien immobilier commun, le divorce amiable cesse d’être une simple convention entre époux et avocats. Il faut un notaire pour liquider le régime matrimonial et établir l’acte de partage, souvent appelé état liquidatif. C’est là que le coût change d’échelle.

Il faut distinguer trois choses. D’abord, les émoluments du notaire, calculés selon un barème réglementé. Ensuite, le droit de partage, qui est une taxe de 1,10 % sur l’actif net partagé. Enfin, la contribution de sécurité immobilière de 0,10 % sur la valeur du bien immobilier. À cela peuvent s’ajouter des débours et, selon le cas, des frais liés aux formalités de publicité foncière.

Exemple simple : un logement vaut 300 000 € et il n’y a plus de crédit. Si un époux garde le bien, il rachète en principe la moitié de l’autre, soit une soulte de 150 000 €. Mais cette soulte n’est pas le coût total de l’opération. Il faut encore ajouter les frais liés à l’acte notarié et aux taxes. Si vous hésitez entre vente, rachat de part ou maintien en indivision, il faut poser les chiffres avant de choisir. Et si l’un des époux renonce à recevoir sa part, il faut mesurer ce que cela implique juridiquement ; sur ce point, un modèle de renonciation à la soulte ne dispense jamais d’un vrai conseil sur les conséquences patrimoniales.

Le bon ordre des étapes pour éviter les retours en arrière

Un consentement mutuel va plus vite qu’un divorce conflictuel, à condition de respecter l’ordre des opérations. Sinon, on perd des semaines. Le schéma utile est le suivant.

  1. Faire l’inventaire des accords et des désaccords : enfants, logement, crédits, comptes, dettes, pension, prestation compensatoire.
  2. Choisir chacun son avocat.
  3. Si un bien immobilier existe, régler d’abord la liquidation chez le notaire pour que l’état liquidatif puisse être annexé à la convention.
  4. Faire rédiger le projet de convention par les avocats.
  5. Recevoir ce projet par lettre recommandée et attendre le délai légal de 15 jours avant toute signature.
  6. Signer la convention avec les deux avocats.
  7. La faire déposer chez le notaire dans les 7 jours suivant la signature.

Sur le papier, c’est court. Dans la réalité, ce qui ralentit le plus n’est pas le délai légal de 15 jours, mais les pièces manquantes, l’estimation du bien, le solde du crédit, ou un désaccord tardif sur les enfants. Un dossier sans immobilier et sans tension forte peut aller vite ; un dossier avec maison, prêt commun et prestation compensatoire prend plus de temps même en restant amiable.

Après le dépôt, le divorce produit ses effets, mais il reste des mises à jour concrètes à faire : fermer ou transformer le compte joint, retirer les procurations, revoir les assurances-vie, vérifier la situation fiscale, et regarder de près qui continue à payer le crédit si le logement n’est pas encore vendu. Si l’un des deux cesse de rembourser, il faut réagir vite ; le cas est traité en détail dans mon ex ne paie plus le crédit immobilier.

Impôts, pension et prestation compensatoire changent aussi la note

Le coût d’un divorce ne se limite pas aux honoraires et au notaire. Il y a aussi l’après. Les notaires rappellent que l’imposition commune ne disparaît pas toujours immédiatement pour les années antérieures, et que la solidarité fiscale peut subsister sur l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation quand le couple vivait encore ensemble, ou l’IFI pour les périodes d’imposition commune. Autrement dit, divorcer n’efface pas d’un coup les dettes fiscales passées.

La pension alimentaire et la prestation compensatoire ont aussi des effets fiscaux. Une pension alimentaire versée pour les enfants peut être déductible pour celui qui la paie et imposable pour celui qui la reçoit, sauf certains cas comme une résidence alternée sans pension déductible. Pour la prestation compensatoire, la règle change selon la forme de versement. Lorsqu’elle est versée en capital dans un délai de douze mois, le débiteur bénéficie d’une réduction d’impôt de 25 % du montant fixé, dans la limite de 30 500 €, et le bénéficiaire n’est pas imposé sur les sommes reçues. Au-delà de douze mois ou en cas de rente, elle suit le régime des pensions alimentaires.

C’est souvent là que le « divorce pas cher » cesse de l’être. Une convention faible sur le papier peut coûter cher plus tard si elle traite mal la résidence des enfants, la pension, la fiscalité ou le crédit du logement. Le meilleur réflexe n’est pas de chercher le forfait le plus bas, mais la convention la plus tenable dans la durée.

Questions fréquentes

Quel est le divorce à l’amiable le moins cher ?

Le moins coûteux est celui sans bien immobilier, sans prestation compensatoire et avec un accord complet dès le départ. Dans ce cas, vous n’avez que les deux honoraires d’avocat et le dépôt chez le notaire à 49,44 € TTC. Dès qu’un logement doit être partagé, le budget monte.

Qui paie les frais d’avocat pour un divorce ?

En pratique, chacun paie souvent son avocat, puisque chacun a son propre conseil. Mais la convention peut prévoir une autre répartition de certains frais. Pour les frais notariés, un partage par moitié est fréquent, sauf accord différent prévu dans l’acte.

Est-il obligatoire de prendre un avocat pour un divorce à l’amiable ?

Oui. En procédure sans juge, chaque époux doit avoir son avocat. Un seul avocat pour les deux n’est pas autorisé dans le cas général.

Combien de temps prend un divorce par consentement mutuel ?

Le seul délai légal incompressible mentionné dans la procédure est de 15 jours entre la réception du projet de convention et sa signature. Après signature, le notaire dispose de 7 jours pour déposer l’acte. Le reste dépend surtout de la rapidité avec laquelle vous réglez les points sensibles et réunissez les pièces.

Peut-on divorcer à l’amiable avec un enfant mineur ?

Oui, mais l’enfant mineur doit être informé de son droit à être entendu. S’il demande cette audition, la convention ne suit plus la voie simple chez le notaire seul : elle doit être soumise au juge. C’est donc encore un divorce par consentement, mais plus dans sa version purement extrajudiciaire.

Que devient le compte joint après le divorce ?

Le divorce ne ferme pas automatiquement le compte joint. Il faut demander sa clôture ou sa transformation, et révoquer les procurations éventuelles. Tant que le compte reste ouvert, chacun reste exposé aux opérations qui y passent.

Peut-on rester copropriétaires du logement après le divorce ?

Oui, c’est le maintien dans l’indivision. Cette solution peut servir quand on ne veut pas vendre tout de suite ou quand on attend une situation plus favorable. Elle doit être encadrée par une convention qui règle l’occupation du bien, les charges et, si besoin, une indemnité d’occupation.

Sources

Sources consultées le 27 septembre 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. www.notaires.fr/fr/couple-famille/divorce/divorce-et-partage-des-biens
  2. www.notaires.fr/fr/couple-famille/divorce/les-differentes-procedures-de-divorce
  3. Faut-il avoir un avocat pour divorcer ? | Justice.fr, www.justice.fr/fiche/faut-avoir-avocat-divorcer
  4. www.lexacte.notaires.fr/divorce-procedures-couts-et-partage-des-biens/
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